En prélude aux pourparlers d’Alger : Les groupes armés réclament une intégration massive de leurs éléments dans l’armée et un partage des responsabilités militaires

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Une réintégration dans l’armée de milliers d’ex-rebelles et la promotion de certains d’entre eux à des grades supérieurs ainsi que la nomination de cadres civils touaregs issus des mouvements armés dans l’administration. Telles sont, entre autres, certaines des exigences des groupes armés qui doivent être largement débattues en septembre à Alger.

C’est en principe le 1er septembre que les discussions doivent reprendre entre le gouvernement et les six mouvements armés du nord du Mali. Si, le 24 juillet dernier, une feuille de route a été adoptée, il n’en demeure pas moins,  que ce succès enregistré ne doit surtout pas masquer les problèmes de fond qui restent à régler pour aboutir enfin à « un accord de paix global et définitif».

Les revendications des groupes armés du  nord sont plus fortes que jamais. En plus de la réintégration de leurs éléments dans l’armée malienne, ils réclament  la promotion de beaucoup d’entre aux  grades les plus élevés. S’y ajoute la promotion de cadres civils issus de la rébellion dans les sphères de l’administration. Ces revendications seront abordées très largement lors des prochaines rencontres d’Alger, nous -t-on dit.

Le premier ministre Moussa Mara,  qui avait écarté toute réintégration des rebelles ou déserteurs dans l’armée après sa prise de fonction,  semble avoir donné son accord de principe à cette exigence des groupes armés  lorsqu’il a déclaré, courant juillet,  devant des jeunes que  » les rebelles seront réinsérés dans l’armée, dans la police, la gendarmerie et la garde nationale « . Il avait ajouté  » on ne peut pas réinsérer des combattants en leur donnant des projets d’élevage, car ils ne savent que se battre. Donc, il faut les réinsérer dans l’armée afin qu’ils nous aident à combattre le terrorisme dans leur zone « . Cependant, il  est difficile actuellement  de dresser un effectif exact des éléments issus de ces mouvements armés.

Dans les localités qui sont sous leur contrôle, les groupes armés ont entrepris depuis  un certain temps, d’enrôler de nouveaux éléments dont certains n’ont jamais manié les armes.

On nous parle d’éleveurs, de commerçants ou de sans emplois qui viendront grossir les rangs de l’armée malienne. Ces groupes armés entendent ainsi faire imposer au gouvernement une liste de  4000  voire 5000  jeunes gens.

Cette réintégration même si elle doit déboucher vers une paix durable,  est lourde de conséquences. Pour preuve, les  jeunes gens  que  les groupes armés comptent faire réintégrer n’ont pas été préparés pour une vie de soldat. Il n’est pas exclu que ces mêmes personnes désertent à la moindre occasion comme ce fut le cas à chaque rébellion ou émergence d’un groupe armé.

Les signatures des  Accords de Tamanrasset du 6 janvier 1991, du Pacte national du 11 avril 1992 et de  l’Accord d’Alger du 4 juillet 2006 ont  donné lieu à des recrutements massifs d’ex-rebelles. Lesquels ont fini en tout cas pour beaucoup d’entre eux,  de déserter  les rangs et retourner leurs armes contre le peuple. En fait, la défaite de l’armée malienne en 2012 est liée principalement au fait que les Touaregs intégrés dans ses effectifs ne voulaient pas se battre contre les éléments du MNLA et Ansar Eddine. Bien des fois ils les ont même ralliés avec armes et munitions. L’idée de tribu passant devant celle de nation.L’Etat malien doit tirer les leçons  de ces précédentes réintégrations.

      Abdoulaye DIARRA

SourceL’Indépendant

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